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Sénégal : autonomiser les femmes de l’industrie musicale

Connue pour son vaste répertoire de musique, le Sénégal est aujourd’hui une référence dans l’industrie musicale en Afrique. Et même si le pays a vu éclore de nombreux grands noms de la scène africaine, la parité semble encore un enjeu à surmonter.

Publié le 10.09.2020

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Financé par l’initiative UNESCO| Sabrina Ho « You Are Next », le projet DigitELLES entend lutter contre les stéréotypes et les discriminations envers les femmes dans l’industrie de la musique au Sénégal. Proposé par l’association Africulturban, le projet a permis de renforcer les compétences techniques de 20 jeunes musiciennes mais également de les accompagner dans la création de micro-entreprises.

Le programme de formation dispensé par DigitELLES comprenent des cours théoriques comme les droits d’auteur et le commerce dans les industries créatives mais aussi des cours pratique en mixage audio et production numérique. Ces modules ont rassuré les jeunes participantes quant à leur compétence technique dans un milieu majoritairement masculin, « Déjà à la base, les femmes ont généralement moins d’accès à l’éducation que les hommes. A cela s’ajoute le manque d’universités, d’écoles offrant des formations professionnelles. Tout cela limite l’évolution voire l’accès des femmes à l’industrie musicale, à un niveau professionnel. » explique Dieynaba Sidibe, coordinatrice du projet, avant de continuer. « Avec ce projet, nous avons essayé d’offrir aux femmes des chances de développer leur potentiel technique dans la musique. »

Des nouvelles compétences que les jeunes femmes ont pu partager avec le public lors du festival Urban Women Week. Ainsi la 9ème édition du festival, qui s’est tenue du 2 au 8 mars 2020 à Dakar, a vu plus d’une vingtaine de showcases et d’évènements organisées par les bénéficiaires du projet DigitELLES.

Technologie numérique et production musicale

Une des composantes majeures de ces formations a été l’intégration de la technologie numérique dans la production musicale, notamment grâce à un module incluant la conception et le mixage sonore, la théorie de la musique numérique et le processus du signal numérique. Lors de ce module, les participantes ont pu manipuler différents logiciels et matériels afin de pouvoir optimiser leurs enregistrements en studio.

Mais si les acquis techniques ont été la priorité du projet DigitELLES, Africulturban a tenu également à renforcer les connaissances opérationnelles de ces dernières. En effet, afin de leur permettre d’acquérir une plus grande indépendance, des formations en gestion et entreprenariat ont été dispensées. Ces modules de quatre jours menés par Positive Planet International avaient pour objectif d’accompagner les participantes à créer leur propre entreprise de musique et mener à bien leurs projets. Un club d’entrepreneures baptisé ‘DigitELLES, ma passion, mon métier’ a également été créé pour renforcer la solidarité et l’accompagnement mutuel.

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« Je suis DJ et cela fait des années que je voulais créer ma propre entreprise pour mieux exercer cette passion. J’avais déjà fait un premier essai qui s’est soldé par un échec. J’espère que cette fois, avec les acquis, le soutien technique et entreprenariat de DigitELLES , je vais pouvoir le concrétiser de manière pérenne. » déclare Bintou Zerbo, une des participantes.

Dieynaba Sidibe quant à elle, estime que le renforcement des capacités professionnelles des femmes va leur permettre d’avoir plus d’opportunités d’emploi. « Les femmes doivent avoir la liberté de choisir la carrière qu’elles souhaitent plutôt que se soumettre au jugement des autres. Or malheureusement, le manque d’accès à l’éducation, à l’information et à l’orientation les empêche de s’épanouir professionnellement. Et c’est exactement ce pourquoi nous nous battons avec Africulturban à travers DigitELLES pour créer plus de possibilités de carrières pour les femmes dans l’industrie de la musique du Sénégal. »